Règles
Aucune marque sans sa règle : la liste complète des règles du correcteur, avec leur gravité et le chapitre et la page de Piston d’où chacune provient.
- Quintes parallèles: Deux voix à distance de quinte juste ne passent pas à une autre quinte juste dans l’accord suivant, ni par mouvement semblable ni par mouvement contraire, ni sous forme d’intervalle composé (douzième). Entre soprano et basse, une quinte diminuée ne passe pas non plus à une quinte juste. Une quinte juste peut passer à une quinte diminuée. (Piston, chap. 3, p. 29–30 et 34)
- Octaves parallèles: Deux voix à distance d’octave ou d’unisson ne passent pas à une autre octave ou à un autre unisson dans l’accord suivant, ni par mouvement semblable ni par mouvement contraire, ni sous forme d’intervalle composé (quinzième) : les deux voix perdraient leur indépendance. (Piston, chap. 3, p. 29–30 et 34)
- Écart entre les voix: Les voix supérieures voisines (soprano–alto et alto–ténor) ne sont pas à plus d’une octave juste. Il n’y a pas de limite entre ténor et basse. (Piston, chap. 2, p. 16)
- Sensible doublée: La sensible n’est jamais doublée : dans aucun accord ni renversement elle n’apparaît à deux voix. (Piston, chap. 2, p. 16; chap. 3, p. 27)
- Sensible doublée dans le III: L’exception à la règle précédente : quand la sensible est la quinte du III, elle peut être doublée. C’est admis, mais signalé pour que vous sachiez que c’est une exception. (Piston, chap. 2, p. 16; chap. 3, p. 27)
- Sensible non résolue: La sensible (la note située un demi-ton sous la tonique) monte d’un demi-ton à la tonique quand l’accord suivant la contient, à n’importe quelle voix. Si l’accord suivant ne contient pas la tonique, ce n’est pas exigé. (Piston, chap. 3, p. 32–33 et 35)
- Octaves directes: Soprano et basse n’arrivent pas à une octave juste par mouvement semblable (toutes deux dans la même direction) avec un saut au soprano. C’est correct si le soprano procède par degré conjoint, ou si l’on arrive à l’octave par mouvement contraire. (Piston, chap. 3, p. 30–32 et 35)
- Quintes directes: Comme pour les octaves directes : soprano et basse n’arrivent pas à une quinte juste par mouvement semblable avec un saut au soprano. C’est correct si le soprano procède par degré conjoint, ou par mouvement contraire. (Piston, chap. 3, p. 30–32 et 35)
- Quintes ou octaves directes par saut aux deux voix: Aucune paire de voix n’arrive à une quinte ou à une octave justes avec les deux voix sautant dans la même direction. C’est admis quand le même accord change seulement de position et, dans V → I, quand la sensible descend à la quinte dans une voix intérieure. (Piston, chap. 3, p. 30–31 et 34)
- Hors tessiture: Chaque voix chante dans sa tessiture : soprano de Do4 à Sol5, alto de Sol3 à Ré5, ténor de Do3 à Sol4 et basse de Mi2 à Do4. En sortir de temps en temps n’est pas grave : c’est donc un avertissement. (Piston, chap. 2, p. 15)
- Grand saut: D’un accord au suivant, soprano, alto et ténor ne sautent pas de plus d’une octave juste. À la basse, les sauts à partir de la sixte sont signalés par un avertissement. (Piston, chap. 3, p. 24 et 28)
- Croisement de voix: Dans chaque accord, chaque voix reste sous celle qui la surmonte : l’alto ne passe pas sous le ténor, ni le ténor sous la basse, ni le soprano sous l’alto. Le croisement entre alto et ténor n’est qu’un avertissement. (Piston, chap. 3, p. 34)
- Chevauchement de voix: D’un accord au suivant, une voix ne monte pas au-dessus de la note que la voix supérieure vient de quitter, ni ne descend sous la note que la voix inférieure a quittée (arriver exactement sur cette note compte aussi). La sensible qui monte à la tonique en même temps que la basse dans V → I est admise. (Piston, chap. 3, p. 33)
- Fin hors de la tonique: À la fin de l’exercice, une cadence finale : l’accord de tonique à l’état fondamental (en mineur, aussi avec une tierce picarde). Avec la tonique renversée, la cadence conclusive n’est pas encore arrivée. Sinon, un avertissement le signale. Commencer hors de la tonique, en revanche, ne pose pas de problème. (Piston, chap. 13, p. 200; chap. 11, p. 165–167)
- Basse doublée au premier renversement: Au premier renversement, la basse n’est pas doublée quand elle n’est pas un degré tonal (III, VI ou VII). Si la basse est un degré tonal (I, II, IV ou V), la doubler est correct. (Piston, chap. 6, p. 69)
- Progression inhabituelle: Signale un enchaînement d’accords qui ne figure pas parmi les enchaînements usuels de Piston (et I → II avec le II à l’état fondamental). Ce n’est pas une erreur : c’est une indication. (Piston, chap. 3, p. 21–22; chap. 4, p. 45)
- Renversement incomplet: Un accord renversé est complet : avec sa fondamentale, sa tierce et sa quinte. (Piston, chap. 6, p. 69)
- Accord sans tierce: Un accord n’est jamais privé de sa tierce : sans elle, il sonne comme une quinte à vide. On peut omettre la quinte (par exemple, dans le V7 ou dans le I qui le suit). (Piston, chap. 3, p. 27; chap. 15, p. 239)
- L’accord ne correspond pas au chiffrage: Si l’exercice donne le chiffrage, l’accord écrit est celui de ce degré, dans le renversement et avec ou sans la septième qu’indique le chiffrage. En mineur, toutes les formes du degré sont valables. (Piston, chap. 4, p. 42–45; chap. 6, p. 68–69)
- Fausse relation: Si une note apparaît altérée dans l’accord suivant (Fa et Fa♯), le changement chromatique se fait dans une seule voix, sans se partager entre deux. En mineur, c’est admis sur les VIe et VIIe degrés (ceux de la gamme mineure mélodique). (Piston, chap. 16, p. 252–253)
- Septième non résolue: La septième d’un accord de septième descend par degré conjoint dans l’accord suivant. Exceptions : le même accord dans une autre position ; dans V7 → I⁶, la septième peut monter si la basse prend sa résolution ; une septième majeure peut monter à la fondamentale ; et dans V7 → IV, elle est tenue comme fondamentale du IV. (Piston, chap. 15, p. 238–243; chap. 17, p. 266; chap. 23, p. 344)
- Fondamentale doublée après le VII7: Quand la septième de sensible va au I, l’accord de tonique ne double pas sa fondamentale : le IIe degré monte à la tierce pour éviter les quintes parallèles. (Piston, chap. 22, p. 335)
- Le VII⁶₅ ne va pas au I⁶: Avec le IIe degré à la basse (VII⁶₅), les septièmes de sensible et diminuée se résolvent sur le I au premier renversement (I⁶). (Piston, chap. 21, p. 321; chap. 22, p. 336)
- IIe degré de la septième diminuée: Dans une septième diminuée qui va au I, le IIe degré monte au IIIe. Il peut descendre à la tonique s’il se trouve au-dessus du VIe degré abaissé ; s’il se trouve en dessous, c’est signalé comme moins usuel. (Piston, chap. 21, p. 320)
- Septième non préparée: La septième des accords autres que la dominante (II7, IV7…) se prépare : la même note, à la même voix, dans l’accord précédent. La septième du V7 n’en a pas besoin. (Piston, chap. 23, p. 342)
- Accord de sixte et quarte mal employé: L’accord de sixte et quarte n’a que trois emplois : cadentiel (I⁶₄ sur un temps fort allant au V sur la même basse), de broderie (la basse reste et les accords qui l’entourent sont les mêmes) ou de passage (la basse arrive et continue par degrés conjoints dans la même direction). (Piston, chap. 10, p. 151–158)
- Note étrangère inexpliquée: Une note de la voix donnée qui n’est pas dans l’accord doit être une note étrangère reconnaissable : note de passage, broderie, échappée, anticipation, appogiature, retard, broderie incomplète ou note voisine. Sinon, il faut l’harmoniser. (Piston, chap. 8, p. 110–123)
- Sensible secondaire doublée: La sensible d’une dominante secondaire (par exemple, le Fa♯ de V/V en Do majeur) n’est pas doublée : pour un instant, elle est une sensible. (Piston, chap. 16, p. 251)
- Sensible secondaire non résolue: Dans une dominante secondaire (V/V, V7/IV…), sa sensible monte d’un demi-ton à sa tonique, comme la sensible de la tonalité. Elle peut descendre chromatiquement à la même voix (V7/V → V7). (Piston, chap. 16, p. 251 et 253)
- Intervalle augmenté ou diminué: Il vaut mieux éviter les intervalles mélodiques augmentés et diminués (seconde augmentée, triton, septième diminuée…). Ce n’est pas grave, surtout dans une voix intérieure : c’est donc un avertissement. Un demi-ton chromatique à une même voix (Fa → Fa♯) ne compte pas. (Piston, chap. 3, p. 28; chap. 4, p. 46)
- Les quatre voix dans la même direction: Entre deux accords parfaits à l’état fondamental, les quatre voix ne montent pas toutes ni ne descendent toutes. Dans la cadence finale, c’est admis si au moins une voix procède par degré conjoint. (Piston, chap. 3, p. 34–35)
- V mineur avant le I: En mineur, le V qui va au I est toujours majeur, avec la sensible (Sol♯ en La mineur). Le V mineur, avec le VIIe degré naturel, s’emploie dans une ligne qui descend vers le IV ou le VI, jamais avant le I. (Piston, chap. 4, p. 40 et 45)
- VI et VII du mineur selon la direction: En mineur, les VIe et VIIe degrés suivent la gamme mineure mélodique : haussés en montant vers la tonique, naturels en descendant. Ainsi, le VIe degré haussé monte à la sensible et le VIIe naturel ne monte pas à la tonique du I. (Piston, chap. 4, p. 41–44)
- Seconde qui va à l’unisson: Deux voix à distance de seconde ne vont pas à l’unisson : Piston ne l’admet que depuis une seconde mineure, quand la voix supérieure est une anticipation. (Piston, chap. 15, p. 237)
- Neuvième qui va à l’octave: Deux voix à distance de neuvième ne vont à l’octave que si c’est la voix supérieure qui bouge (la neuvième se résolvant vers le bas, comme dans le retard 9–8). Si la voix inférieure monte ou descend, c’est signalé. (Piston, chap. 15, p. 237)